LEGALSACE RH
Caroline CHRISTMANN
Depuis le début de l'année 2026, le paysage du Compte Personnel de Formation (CPF) connaît des bouleversements majeurs. La logique du "tout gratuit" et du guichet ouvert laisse définitivement place à un modèle de co-investissement. Pour les salariés souhaitant mobiliser leurs droits, cela se traduit par une notion désormais incontournable : le "reste à charge".
Mais de quoi parle-t-on exactement ? En 2026, ce reste à charge prend en réalité deux formes distinctes qu'il est essentiel de maîtriser pour bien anticiper le financement de vos futures formations.
1. La participation forfaitaire obligatoire grimpe à 150€
C'est la grande nouveauté de ce printemps : à compter du 2 avril 2026, la participation financière obligatoire pour utiliser son CPF passe à 150€.
Pour rappel, ce ticket modérateur avait été instauré en mai 2024 avec un montant initial de 100€, qui avait ensuite été revalorisé sur l'inflation à 103,20€ au 1er janvier 2026. Un nouveau décret publié le 1er avril 2026 vient donc rehausser significativement ce montant.
Concrètement : même si vous disposez de 2 000€ sur votre compte CPF et que vous souhaitez financer une formation à 1 000€, vous devrez obligatoirement payer 150€ de votre poche (ou via un tiers) pour valider votre dossier.
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2. Les exceptions : qui est exonéré de ces 150€ ?
Ce reste à charge forfaitaire ne s'applique pas à tous. Le Code du travail prévoit des exonérations pour certains publics.
Ainsi, vous n'aurez pas à payer ces 150€ si :
Vous êtes demandeur d'emploi ;
Votre employeur participe au financement : c'est un point stratégique pour les entreprises ! Si le coût de la formation dépasse vos droits CPF et que votre entreprise verse un "abondement" pour compléter, vous êtes totalement dispensé du reste à charge ;
Vous utilisez votre Compte Professionnel de Prévention (C2P) : si vous mobilisez ces points pour vous reconvertir vers un métier moins exposé aux risques, vous êtes exonéré ;
Vous êtes victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle (avec une incapacité d'au moins 10 %) et que vous mobilisez l'abondement correspondant.
3. Les nouveaux plafonds : l'autre source de reste à charge
Depuis le 26 février 2026, un autre mécanisme peut générer un reste à charge conséquent : l'instauration de plafonds de prise en charge par type d'action.
Le CPF ne limite pas le prix des formations, mais il limite la part qu'il accepte de financer. Si le prix de votre formation dépasse ces nouveaux seuils, la différence devra être financée par vos soins ou par votre entreprise :
1 500€ maximum pour les certifications du Répertoire spécifique (CACES, TOEIC, etc.), à l'exception du certificat CléA ;
1 600€ maximum pour un bilan de compétences ;
900€ maximum pour le permis de conduire (permis B).
Le cas particulier du permis de conduire : pour le permis B, la règle est encore plus stricte. Si vous n'êtes pas demandeur d'emploi, l'Etat exige désormais que vous obteniez un cofinancement d'au moins 100 € par un tiers (votre employeur, par exemple) pour avoir le droit d'utiliser les 900 € de votre CPF.
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En résumé : vers un dialogue indispensable entre RH (ou employeur) et salariés
Vous l'aurez compris, mobiliser son CPF de manière isolée devient financièrement plus lourd pour le salarié. Entre les 150€ de participation forfaitaire et les plafonds qui limitent la prise en charge globale, le message de l'Etat est clair : l'heure est à la co-construction.
Pour les dirigeants et les responsables RH, ces nouvelles contraintes peuvent paradoxalement se transformer en opportunité. En acceptant d'abonder le CPF de vos collaborateurs, vous les exonérez du ticket modérateur de 150€, vous les aidez à franchir les nouveaux plafonds, et vous reprenez surtout la main sur le développement des compétences stratégiques de votre entreprise.
Plus que jamais en 2026, la formation professionnelle est un projet qui se bâtit et se finance en équipe !
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